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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 15:10

Monsieur le Président, Monsieur le Président du CESR, Chers Collègues,


Comme je l’avais annoncé lundi, les débats, et parfois même les monologues, de cette semaine n’auront pas fait changer d’un iota votre projet de budget 2009. C’est la raison pour laquelle nous avions jugé que votre budget n’était pas amendable.


Par contre, nous attendions goulûment le contre-budget annoncé lundi par le groupe UMP qui avait dû recevoir un coup de fil de leur nouveau patron, à moins que ce soit la présence du dernier arrivé dans notre collectivité qui ait secoué le cocotier, pour qu’enfin la droite fasse semblant de s’opposer au moins une fois dans l’année à votre politique, ceci surtout dans les médias.


En fait de contre budget, nous n’avons eu droit qu’à quelques amendements faits à la va-vite, car presque tous irrecevables techniquement ou même carrément piqués au Front National comme celui que j’avais moi-même présenté pour la suppression de la TIPP et pour lequel le groupe UMP avait voté contre.


D’ailleurs, comment l’UMP pourrait critiquer votre politique quand ses élus approuvent et votent 99% des dossiers que vous présentez depuis 2004 !


On a même entendu un membre de ce groupe prêcher pour la baisse des impôts alors qu’il se targuait, il n’y a pas si longtemps, de vouloir lui aussi les augmenter s’il était à votre place.


Nous sommes donc bien les seuls véritables opposants dans cette assemblée même si France 3 Picardie a choisit Madame Cayeux et Gremetz pour représenter l’opposition.


Permettez-moi, avant de donner notre position de vote de rappeler quelques données incontestables de votre budget 2009.


Nous constatons, quelques en soient les raisons, qu’en 5 ans :
- les dépenses réelles de fonctionnement par habitant sont passées de 229,12 € à 349,80€ soit une augmentation de plus de 52%,
- le produit des impositions directes par habitant est passé de 77,84 € à 81,65 €,
- l’encours de la dette par habitant est passé de 76,20 € à 145,40 €soit une augmentation de plus de 90%.


Les recettes de la région vont augmenter de 34,8 millions d’euros qui se décomposent ainsi :
- Pour la fiscalité directe, plus de 3,7 millions d’euros grâce à l’augmentation de 3% des bases d’imposition pour le foncier bâti, +2% sur le foncier non bâti et +1,5% sur la taxe professionnelle.
- Pour la fiscalité indirecte +7,5 millions d’euros grâce à l’augmentation d’un euros par cheval fiscal,
- La TIPP, que vous refusez de supprimer, grâce à l’augmentation de la part affectée par l’Etat à la région rapportera 14 millions d’euros
- La dotation de l’Etat amènera +9,6 millions d’euros.


Vous avez bien communiqué sur l’exceptionnelle absence d’augmentation des taux d’imposition mais vous n’avez pas évoqué, bien sûr, l’augmentation des bases.


Les Picards pourront d’ailleurs le constater, ils paieront tout de même plus d’impôts en 2009 !


Vous nous avez expliqué en 2004, 2005, 2006, 2007, le bien fondé de votre philosophie quant à l’énorme matraquage fiscal que vous avez effectué sur ces années là : « prélever plus d’argent dans la poche du contribuable pour faire plus pour les Picards ». C’est ce que vous prétendiez.


Aujourd’hui, vous allez diminuer les dépenses liées à la culture, aux sports et loisirs, à l’apprentissage, à la formation professionnelle, à l’action économique.


Si l’on suit votre premier raisonnement, puisque vous allez faire moins pour la Picardie, vous auriez dû prendre un peu moins dans le porte-monnaie des Picards au lieu de vous contenter d’une fausse stabilité des prélèvements ! Avec un peu de bravitude, vous auriez pu baisser les impôts et rendre ainsi du pouvoir d’achat aux Picards.


En supprimant par exemple et entre autre : les dépenses de la coopération décentralisée qui ne profitent pas aux Picards, la part régionale de la TIPP, les coûteux emplois solidaires des copains des uns et des autres, les 27 millions d’euros destinés à votre clientèle électorale, les associations, et l’inutile lutte contre les discriminations.

Car aujourd’hui la situation des Picards les plus modestes est plus critique qu’hier et le sera encore plus demain pour des milliers de familles touchées par les effets de la crise qui précipitent les entreprises et les salariés dans le gouffre.


Pour ne prendre en exemple que le département de l’Oise, qui était celui qui résistait le mieux :

Bosch, Valéo, Foncia, Teckalle, SABIC, Lin 2000, Tréfimétaux, Continental, Intersnak, St Gobain, SAV-Carrefour, Riecker, Inergy, AKZO, Goss International, Flexico, MAPA, Montupet, Decoplast, Henkel, Général de Brosserie, PSM, Arcelor Mittal, Affimet, Case New Holland, CIE Automotive, DSM Composite, Fédéral Mogul, SVE, etc, etc….


Ces entreprises, parmi les plus importantes, ont : ou fermé définitivement, ou le feront prochainement, ou délocalisent, ou licencient, ou mettent au chômage technique leurs salariés.


Je pourrais faire le même inventaire pour la Somme ou l’Aisne et y ajouter les PME-PMI, les commerçants, les artisans qui vont, demain, mourir en silence et envoyer leurs salariés à l’ANPE et aux restos du cœur.


Comment ne pas avoir peur du lendemain, lorsque la précarité et l’insécurité sociale s’invitent chez les familles touchées par le chômage et qui ne pourront pas assurer l’avenir de leurs enfants et souvent même, les nourrir décemment !


La France est aujourd’hui proche de la situation économique et sociale qu’a connu la Pologne après les bienfaits du communisme libérateur.


Voici donc ce qu’a produit le modèle de société préconisé et mis en place, au nom du capitalisme sauvage et du libéralisme euro-mondialiste, par les amis de M. Sarkozy, mais aussi grâce à la complicité active de la gauche européiste et altermondialiste, mais mondialiste quand même !


La gauche et la droite, depuis 25 ans, chantent sur la même musique et parfois d’une même voix, les mêmes cantiques louant l’Europe, le marché mondial et la politique supranationale contre la politique de protection et d’indépendance nationale, du respect de la Nation et des hommes et des femmes qui la composent et qui participent par leur travail à la prospérité de celle-ci.


Aujourd’hui, c’est le peuple qui paie l’addition de vos utopies et de vos erreurs communes volontaires ou involontaires.


Les modèles de sociétés marxistes, socialistes et maintenant capitalistes sont morts. Malheureusement votre budget en est encore une illustration. C’est une toute autre volonté, une autre ambition, un projet national, populaire et social qu’il faut pour la Picardie.


Votre budget se situe aux antipodes de cela, c’est pourquoi nous voterons contre.

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Published by Michel GUINIOT - dans Conseil Régional de Picardie

Michel GUINIOT

Noyonnais depuis 35 ans, originaire de Chauny, 56 ans, marié, 1 enfant. Artisan et commerçant durant plus de 25 ans à Noyon, je suis Conseiller Municipal de Noyon depuis 1995 et Conseiller Régional de Picardie depuis 1993.
Fonctions et Mandats :
- Conseiller Régional de Picardie
- Président du groupe FN
- Conseiller Municipal de Noyon
- Conseiller communautaire du Pays Noyonnais
- Membre du Bureau Politique du FN
- Délégué National du FN
- Secrétaire Départemental de l'Oise

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